01 juillet 2009
Un si bon mari.
A la télé, ils ont dit, entre autres inventions, que je vivais seule.
J'ai hésité un certain temps entre vérité, vitale à l'âme, et protection, vitale au corps, avant de dévoiler une partie intime de ma vie.
Mais, partisane de confessions authentiques, j'ai habitué mes lecteurs à n'accepter ni tricheries ni roublardises.
Donc voilà, l'heure de la rectification a sonné.
La vérité, c'est que je ne vis pas seule.
Je ne tiens pas particulièrement à parler de l'incarnation de mon compagnon, car son aspect physique entrainerait d'emblée l'incompréhension, et une pointe de jalousie de la part des mes copines largement engagées sur la voie de la libération.
Par contre, je ne peux m'empêcher d'évoquer ses nombreuses qualités morales, les plus essentielles étant sa fidélité et sa discrétion.
Mon compagnon est un sage. Un vieux et très placide sage.
Il a sculpté comme on taille un diamant ma propension naturelle à voir le beau dans les entrailles de la laideur, il a ciselé la pointe de mon âme par sa façon incroyable et pleine de sollicitude de ne jamais aboutir ni rien conclure...
Un allumeur? Queue neni!
Il est lui-même totalement inabouti et dénué du moindre projet.
Avant je croyais comme toutes les filles que les princes charmants sont enfermés dans des crapauds avant de se révéler.
Or là, grâce à mon sage, j'ai compris que ce que j'attendais depuis si longtemps n'arriverait jamais et que c'était sans aucun doute la plus belle chance de ma vie.
Mon compagnon, lentement mais surement, m'a rendu à la réalité,
à ma juste place.
En douceur et sans se la ramener, il a décanillé les voiles de mes yeux, s'octroyant ainsi dans mon cœur et mes nuits la place de choix.
Je n'en veux point d'autre. Je ne veux queue lui.
Je l'ai rencontré un beau jour de printemps sans me douter une seconde que ce jour là se solderait par un mariage définitif m'engageant sur une voie de non retour.
A quatre pattes dans le pré où j'ai posé mes yourtes, je coupais les hautes tiges de mes grandes molènes desséchées lorsque, tout à coup, je me suis trouvée nez à nez avec lui, immobile, certainement là à m'observer depuis un bon moment.
Je ne peux pas dire que j'ai eu tout de suite le coup de foudre, loin de là.
Mais la première chose qui m'a irrémédiablement frappée chez lui,
c'est son impassibilité et son flegme.
Jusque là, j'ai toujours fricoté avec des types qui ne savent pas quoi inventer pour se faire remarquer, et là, je me trouvais face à l'antithèse radicale de la séduction: il était si misérablement laid qu'il a éveillé immédiatement en moi ce sens de l'équilibre et de la justice qui pousse beaucoup de femmes à s'engager dans des causes perdues, une compensation intérieure volumineuse qui a massivement contrecarré mon impulsion à m'énerver et le chasser.
D'autant que je ne pouvais douter de sa légitimité, ignorant qui de lui ou de moi était arrivé là en premier.
C'est peu dire que je ne l'ai jamais regretté.
Non qu'il se soit transformé en prince charmant, bien au contraire.
Des attributs plus conformes aux attentes féminines
m'aurait d'ailleurs plutôt rendue méfiante, soupçonneuse,
le genre masculin s'avérant inévitablement envahissant.
De là à dire que je l'ai aimé du premier coup, quand même, non.
Vu que je l'avais mis à découvert, je l'ai laissé se retirer délicatement
en ayant la décence de ne pas chercher à le traçer.
Et j'ai commencé tout de suite par l'oublier.
Jusqu'à ce que je découvre, suite à une approche timide,
mais subtile,
qu'il s'était installé à ma porte,
simplement, sans rien me demander et sans faire d'histoires.
J'aime qu'on ne me demande rien.
J'aime qu'on attende rien de moi.
J'aime qu'on me prenne pas la tête.
J'aime qu'on arrête de me saouler.
J'aime qu'on insiste pas lourdement.
J'aime qu'on me foute la paix.
J'aime qu'on me laisse libre.
Et lui, c'est tout ce qu'il a fait.
Il était là, c'est tout. Régulièrement.
Je me suis habituée à lui sans m'en apercevoir.
Et maintenant je ne peux plus m'en passer.
S'il n'était pas à ma yourte chaque soir, tranquille, à m'attendre,
il me manquerait.
Mais il est là, assidu et impassible.
Insensiblement, nous sommes devenus proches, très proches,
au point de nous rendre indispensables l'un à l'autre.
Sans rien faire, sans rien dire.
Pas d'inscription sur un site de rencontre, pas de marchés aux célibataires, pas d'annonces sur meetic, pas d'adhésion au club de bridge ni de réservation pour des WE de trekking dans le désert marocain, pas de stage de développement personnel, pas d'abonnement à « Psychologie », pas de recherches transgénérationelles ni de constellations familiales pour débloquer mes refoulements, pas de séminaires tantriques, ni de formations en communication non violente.
Rien. Juste l'acceptation de rien faire.
Venu du plus bas, surgi de l'humus, mon soupirant
m'a inféodé dans la puissance du silence
d'où s'éveille toute création, tout amour.
Nous nous sommes concédés mutuellement,
spontanément et ouatement* des territoires contiguës:
j'ai gardé l'intérieur de la yourte,
lui s'est installé dessous.
Tous les soirs, il m'attend.
Si je viens pas, il frappe un petit coup au carreau,
tellement peu effarouchable que j'en suis conquise.
Si j'ouvre pas, il repart sans se plaindre
sans râler,
sans me culpabiliser,
pour aller nettoyer les indésirables de mes abords
et monter la garde tranquille sous mon plancher.
Mais si j'ouvre,
il bouge plus, il m'admire.
Je
m'installe à coté de lui
et je me laisse admirer de ses gros yeux globuleux.
C'est ainsi qu'il m'a révélé la face cachée
de mes rêves d'adolescente et de jeune femme enamourée:
un prétendant qui ne prétend rien.
Et je me mets à lui rendre son regard.
Et là, côte à côte, en silence, on se regarde,
on se regarde tellement qu'on plonge l'un dans l'autre.
Quel vertige!
Il m'offre ainsi, sans facture, la version longue
du regard que m'avait décoché Samaskotché, mon petit lézard,
la version originale qui donne envie de continuer le plongeon.
Pour moi, c'est ça, aimer.
Alors pourquoi faudrait-il que mon crapaud qui ne réclame rien
se transforme en prince qui réclame tout?
Ce regard là, ce délice dans l'abysse du silence,
est l'extrême opposé du voyeurisme névrotique de mon voisin,
qui s'introduit chez moi en catimini pour couper
la végétation exubérante gênant sa surveillance acharnée.
Qui dégarnit systématiquement le
grillage de sa vigne vierge,
qui me protégeait de ses yeux furibonds.
Mon voisin espion doit être une résurgence de la gent cruelle
qui exterminât pendant trois siècles les cinq millions de femmes
jugées hérétiques par la dernière inquisition,
femmes torturées et assassinées pour avoir aimé
les animaux et les plantes sauvages.....
Mais moi, pendant que les jaloux du village développent
des tactiques de sioux pour se dégager
une vue plongeante sur ma vie intime,
j'aime mon mari le crapaud,
à qui je mijote, le soir au feu de bois
soupes de ma consoude, arrosée d'eau de rinçage de ma vaisselle,
galettes d'orties et fricassées de pousses de fougères.
Donc maintenant que rectification est faite
au sujet de ma préférence matrimoniale,
ce n'est pas la peine de le crier sur les toits.
Inutile de réclamer des présentations officielles:
pour vivre heureux, vivons cachés.
Car si pour une yourte, on m'a condamnée et expulsée,
pour un crapaud, je risque le bûcher.
*Ouatement: de façon ouatée. Mes yourtes sont isolées avec de la ouate récupérée, ce qui amortit les sons d'une façon particulière....
26 juin 2009
ma barque, ma yourte
Être là, dans la yourte, à chaque instant,
à contempler, du matin au soir,
la circulation limpide et chatoyante de la lumière,
être là, à s'enfoncer corps et âme dans le chromatisme
que chaque élévation du soleil dessine dans le cercle de la yourte,
être
là, lentement sur l'onde, réparant mes filets
en traversant la vie sur la barque du jour,
être là, irradiée, du levant au couchant,
par l'astre capté dans le ventre de la yourte,
tanguer,
quand les rayons s'obliquent, en ramassant
dans sa mémoire le nuancier infini du créateur céleste,
voilà les seuls voyages qui me ravissent,
la seule aventure qui me comble.
Tout est là, entièrement, absolument.
Dans ma cabane en coton,
vulnérable et vacillante, loin des fureurs hurlantes,
dans le silence des arbres et le murmure de la forêt,
le monde se déploie en kaléidoscope,
plénitude offerte par tout ce dont je me suis débarrassée.
En ce début d'été où l'équilibre des températures
ouvre la puissance des sens,
se creusent de nouveaux sillons dans la profondeur de la perception.
Humanité gaspilleuse de tes talents poétiques,
humanité obligée de transmutation,
il te faut maintenant descendre dans l'antre de ta conscience
chercher le flambeau immortel, l'or du cœur,
qui nous délivrera des illusions.
Il te faut écouter les derniers conseils
des peuples martyrisés par les civilisateurs blancs qui,
pour avoir traversé les déserts et la mort
détiennent les solutions de la survie.
D'eux tu hériteras de la sagesse qui sait
qu'en restant tranquille chez soi la porte ouverte,
sans bouger, sans produire, sans piller, sans aider par la force,
attendant sans attendre la visite et la rencontre,
on laisse murir le pardon et la réconciliation,
la guérison et la renaissance.
D'eux tu sauras que le temps n'est pas de l'argent
mais un espace vierge où chacun est libre
de poser les gestes qui lient ou délient,
d'installer sa tente dont on plante les piquets
à l'aune de ses propres limites, et plus on se limite,
plus on fait de la place pour les autres.
D'eux tu sauras qu'en multipliant l'avoir,
on siphonne l'être jusqu'aux abysses du néant
et que seule la gratuité étoffe le cœur.
Qu'en cessant de courir, de projeter son angoisse en dehors,
on devient pour soi le compagnon qu'on espérait tant
et pour l'autre l'étonnement d'être enfin accepté.
Si je pratique la voie de la yourte,
ce n'est pas pour prouver, démontrer, justifier.
Je cultive seulement la présence,
un endroit où plus on s'enracine,
plus on se verticalise.
J'habite entièrement, absolument.
Comme une nonne en prière perpétuelle n'agit sur le monde
que par la force de sa foi,
avec ses failles qui ouvrent tellement vers l'Autre.
Le grand Autre. Rien d'autre.
19 juin 2009
Parole du fond d'une yourte
Parole d' « illuminée toute nue du fond de sa yourte. »***(VC)*
La prédation de terres s'est aggravée depuis la crise alimentaire en Afrique.
Mais ce ne ne sont pas les Africains qui se ruent pour achèter leurs terres et pratiquer une agriculture de subsistance, que non! On leur pique sous le nez soi disant consentant les derniers carrés agricoles de leur continent.
L'achat et la confiscation de terres en Afrique par les investisseurs des pays riches, pour spéculer sur la raréfaction des ressources alimentaires, atteint le niveau quantitatif des terres arables françaises!
La justification basique des riches, à laquelle le colonialisme nous a aveuglement formaté, est de déclarer que les pauvres sont ravis d'attirer des capitaux, ravis d'obtenir de la monnaie de singe contre leurs derniers arpents, ravis de s'intégrer à notre économie de marché et de participer solidairement au remboursement d'une dette chronique incommensurable.
Ceux qui osent murmurer qu'il s'agit encore d'une escroquerie abominable ne peuvent être que des foutus Objecteurs de Croissance, en particulier cevenols, de ces « illuminés touts nus dans leur yourte au fond de la forêt »***(VC)*.
En effet, tout le monde sait qu'un type qui n'a rien pense plutôt à rembourser ses dettes qu'à planter des patates au fond de son jardin.
Après avoir volé tout ce qui se trouve sur et dessous les terres d'Afrique, le plus simple et le plus direct, c'est effectivement de s'approprier carrément toutes les terres! Ce n'est pas faute d'y avoir pensé avant, c'est seulement qu'il manquait un alibi définitif approuvé en toute bonne conscience par les « opinions ».
Comme c'est pas très joli joli de piquer une terre à quelqu'un qui y est né et qui a faim, on fait appel aux alibis que la crise du capitalisme fournit désormais à profusion: l'emploi et le développement durable (DD), la protection sociale et celle de l'environnement.
Puisque les Africains ne s'occupent pas de façon « responsable » de leurs terres, on les leur prend en y déléguant nos experts en fibre DD: on bio-rentabilise, on fait des eco- profits juteux et pas des palabres, on va produire en douce des kilomètres carrés d'huile de palme OGM pour les Chinois, sur lesquels balancer les stocks d'insecticides et pesticides interdits en Occident et, le top du top en mansuétude et charité, on leur fournit du travail comme salariés agricoles sur les terres qu'on leur a confisqué!
On estampille alors « commerce équitable » sur les boites d'emballage avec la photo d'un ouvrier noir hilare et le tour est joué.
Mais le top du top du top pour étouffer toute velléité de pensée critique de la part de quelques mauvais esprits issus d'enfants gâtés illuminés qui n'ont que ça à penser « au fond de leur yourte tous nus dans la forêt »*** (VC)*, c'est de faire travailler les Africains sur des produits en pleine expansion: des valeurs sûres, la croissance verte et durable!
Heureusement, une solution verte exquise vient de germer: les croquettes vertes sans colorants grâce à l'ajout d'ortie, fourrées à l'ail(contre les parasites) et aux algues marines (pour la flore intestinale) des 8 millions de chiens et 10 millions de chats qu'entretiennent les français pour sauver la planète de la solitude!
Si on rajoute le marché des 45 millions autres animaux domestiques des Francais, il y a de quoi faire bio-travailler tout le continent noir. Au dépend toujours des millions d'espèces qui sont pas descendues dans la rue protester contre leur extermination.
Donc résumons: quand je sors « toute nue de ma yourte du fond des bois »*** (VC)* et que je me rends taper sur mon clavier dans mon atelier des élucubrations illuminées sur mon blog, quand j'entends la voisine du dessus qui fait pleuvoir des croquettes sur le trottoir trois fois par jour à une quinzaine de chats dégénérés pour qui la manne tombe du ciel, j'ai tort de râler.
En effet, non seulement ma voisine s'occupe toute seule comme une grande de sa solitude mais en plus, elle fait travailler des tas d'équipes de chômeurs. Tant pis si le trottoir est devenu impraticable, le terrain de boules voisin une litière monstre à ciel ouvert, et la nappe phréatique irrécupérablement polluée, ma voisine est bien plus « solidaire » que moi, c'est une vaillante pourvoyeuse d'emplois.
Quand aux humanitaires socialo capitalistes qui se culpabilisent en pensant que les africains pourraient un jour se venger en débarquant chez nous pour manger nos animaux domestiques, qui cherchent frénétiquement d'autres bio-tâches propres à susciter une coopération « renouvelable » et « durable » avec un « contrat de confiance » à la « traçabilité » garantie, je crois pouvoir sans me tromper les rassurer pleinement : tant que les gueux triment et consomment, c'est comme les chats et les chiens, s'ils n'ont pas faim, on les tient.
Donc on a encore largement le temps de faire voter à l'assemblée nationale des bonus conséquents et des exonérations d'impôts alléchantes pour les braves qui s'enrôleront avec leurs chiens bio-méchants dans la garde verte des frontières douces à barbelés « renouvelables et durables ». Et de faire élargir encore l'application de la loi anti-terroriste à tous ceux qui n'aiment pas les chiens et les chats.
Parole d'une « illuminée toute nue dans sa yourte au fond des bois »*** (VC)*.
***Expression
issue du canard de la décroissance article_du_journal_de_la_d_croisssance_Mai_09
qui laisse ses journalistes jeter les bébés avec l'eau du bain et faire croire que la joie de vivre se propage en démolissant les autres. Le seul canard pourtant en bonne position pour tenter au minimum la cohérence maximum: l'édition courageuse de pages blanches.
*VC: journaliste exécrant les télés et les reportages sur la décroissance qui ne parlent pas de lui, ne supportant pas que des « illuminés tous nus sous leur yourte au fond des bois »*** lui volent un quart d'heure de crachoir médiatique.
*VC: journaliste qui ne supporte pas qu'on traite les OC de retour à la bougie. Lui s'éclaire en HDI (Haut Potentiel Intelligence).
*VC: journaliste égocentrique mais touchant, attendant naïvement des télés sarkozystes une apologie de sa décroissance ( récession journalistique subie) assortie de commentaires HDI sur la gratuité.
*VC: seul journaliste seul con seul capable de dénoncer seul la connerie des autres.
Le modeste énergumène ci dessus s'est posté devant une affiche; "Il est interdit d'afficher"....
.*VC: le dernier journaliste qui n'est pas encore rentré dans une yourte. Comme il est moins con que les autres qui payent dans des campings de luxe 250 euros la nuit, il attend intelligemment que je l'invite gratuitement sous la mienne, « toute nue au fond des bois »***. Et vu la puissance de son HDI, il sait que pour retenir l'attention d'une femme, rien ne vaut que de faire semblant de la bader.*****
*VC: grand prêtre auto-nominé du clergé décroissant urbain dénonçant du haut de sa chaire la liste des alchimistes hérétiques « touts nus au fond de leurs yourtes au fin fond des bois »***et dangereuses sorcières « illuminées toutes nues dans leur yourte au fin fond des bois »***
en train de touiller de leurs mains gercées potions et mixtures suspectes,
à purger d'urgence pour la pureté de la jeune église décroissante.
*VC: journaliste vide et boulimique qui se goinfre jusqu'à l'indigestion
des conneries pillées chez les autres pour nous les resservir en vomi hebdo,
surmené
qu'on enverrait bien se reposer « tout nu
dans une yourte au fond des bois »***, sans ordi, sans télé
(surtout M6 qui repasse en boucle le reportage de Régis Mardon qui a
porté à la connaissance de plusieurs millions d'individus
l'existence d'une « illuminée au fond de sa yourte »***),
sans portable et sans bagnole, histoire que, pour une fois, il
s'occupe de lui et de son
Mais il faudra, pour son bien, l'attacher solidement au mat de la yourte, parce qu' incapable de se supporter, le brave sera pris d'irrépressibles besoins de se fuir.
On attendra donc patiemment que le silence des oiseaux remplisse son âme de l'esprit qui lui fait furieusement défaut.
***** "Bader": feindre d'ignorer ou de mépriser.
11 juin 2009
Echos de la voie de la yourte
Quand je vous parle,
vous que je ne connais pas,
je m'adresse à ce quelque chose de loin
qui est en arrière de chacun,
d'où résonne sur les artères de l'esprit,
ce plus profond que soi qui,
comme racines de fougères ou bambous,
mène une vie obscure, nourricière et vitale.
Somme de palpitations collectives en sourdine,
vos échos ont trouvé en moi une ancre sous marine,
cet espoir commun de vivre enfin les rêves de demain.
Ces mots qui ricochent sur les ondes me reviennent
habités de vos regards en miroirs
et de vos suppléments d'âme,
par vous de l'autre coté de la rive,
qui ramassez la bouteille jetée sur le flux,
je mesure la puissance du fleuve
et le bois qu'il me faut.
Le bois qu'il nous faut
pour construire la passerelle ou la barque
entre la voie de la yourte et les chemins de résistance
où marchent tant d'existences légitimes
chercheuses d'issues.
Le bois qu'il nous faut pour le pont ou le radeau
qui nous portera sur l'île de simplicité et de vérité
que les paquebots ne cartographient jamais,
en la nommant pourtant « utopie » si ce n'est « folie ».
Utopie ou folie qui motive cette lutte que je mène
depuis si longtemps pour être humaine,
d'abord le devenir, puis le rester,
résister pour tenir dans la tempête,
être plus que cette femme luttant contre le vertige,
qui se tient au somment de la vague,
à ne jamais savoir laquelle l'emportera,
laquelle la déposera sur le rivage.
Des paroles de combat souvent,
à cause de cette lutte héréditaire
pour sortir des choses
installées, cassées,
qui empêchent les mutantes de vivre
calmement en avant de leur temps.
06 juin 2009
Ce qu'i faut couper pour recommencer
Les hommes posent leurs maisons n'importe où.
Là ou les marchands les rakettent le plus.
Là ou il faut payer à vie pour s'enfermer
dans une cellule accolée aux autres cellules,
pour ne jamais rembourser le prix de son aliénation.
Seul le peuple des yourtes pénètre dans la forêt
en demandant la permission aux arbres, les vrais rois de la vie.
La permission de s'insérer.
De s'accoler à un muret, une souche, un chêne.
Mais quand l'homme a fait de la nature une industrie, comme c'est le cas des plantations de pins destinés à soutenir les galeries des mines de charbon de ma région, une prolifération acide déséquilibre le milieu naturel, empêchant d'autres espèces de s'installer.
Pourtant, auprès de ces pins de trente mètres, bâtiments de bois élancés vers le ciel, je suis prise d'un profond respect tandis que s'installe en mon cœur une paix reconnaissante.
Et
ce n'est qu'après mûre réflexion que je prends la décision d'en
abattre un,
aux alentours d'une future yourte,
un qui ne me tombera pas sur la tête, si la tempête se lève.
«
Nous n'aimons pas faire mal aux arbres.
A chaque fois que cela est
possible,
nous faisons toujours une offrande de tabac aux arbres
avant de les couper.
Nous ne gaspillons jamais le bois et nous
utilisons tout ce nous avons coupé.
Si nous ne pensons pas à ce que les arbres ressentent,
les autres arbres de la forêt pleureront
et cela mettra de la tristesse dans nos cœurs. »
Indien anonyme.
« Quand on regarde sans chercher un sens, sans comprendre, l'émotion vient.......
Le vrai sens, c'est de mourir, il n'y en a pas d'autre. »
Eric Barret.
Amis Indiens Cevenols sachant bien couper arbres:
06.63.04.07.79.
31 mai 2009
Escargot en clip
Il n'y a rien que du bruit, un magma de bruit qui somatise l'accélération du monde, ce monde qui court partout, qui veut tout, qui écrase tout.
Du bruit plein de la rage des machines et de ceux qui y sont enchainés, le bruit des gonds de l'enfer.
Un bruit sans queue ni tête qui n'a aucun sens, qui ne ressemble à rien, même pas au cri d'une bête féroce qui a faim, même pas au râle d'humain qui a peur et appelle à l'aide, ni même à un conglomérat d' usines lâchant sur le bitume, grâce au plan de sauvetage de l'économie capitaliste, des flots de camions, de frigos, de portables, de quads et de manèges forains.
Non, seulement un bruit moche et tordu, tonitruant, assourdissant, comme une boule de malheur poignardée de gigantesques dards, une tumeur inextricable, un goitre puant en pleine déflagration, une centrifugeuse explosant des succubes monstrueux, un cauchemar vociférant, qui vous colle au mur avant de vous faire détaler...fou de douleur...
Voilà comment ça commence, juste avant qu'on voit une lumière blanche et diaphane, comme celle qui sera là pour nous accueillir après notre mort, la lumière irréelle qui brille au delà du tunnel, qui vous envoie dans un autre monde, le marche pied du paradis où le bruit n'existe plus, seulement la petite musique de l'âme.
Et tout à coup, le bruit s'arrête.
Tout à coup le silence.
Plus rien.
Médusés, on regarde le vide,
le blanc bizarre tout nu qui succède au vacarme,
on se dit, un peu ahuri,
ceux qui ont fait ça, ils se foutent de notre poire,
mais on est tellement content du silence qu'on reste là,
les yeux plantés dans le blanc de l'écran,
on respire mieux, et là,
au bout d'un moment,
sur la gauche,
on voit apparaître un point noir,
puis un autre,
deux points qui bougent tout doucement,
deux points qui avancent,
lentement,
on voit qu'ils sont attachés à un trait,
à deux traits....
Ha!Ce rythme là, ce tâtonnement, cette timidité,
ça me rappelle quelque chose!
Ah voilà! Ce sont des antennes!
Qui tâtent la blancheur de l'espace...
et arrive derrière une petite tête molle bien connue!
Ah! Ca y est, ce sont des antennes d'escargot!
Et là, médusés, on regarde un petit escargot traverser
lentement, lentement, l'écran de télé
devant des millions de téléspectateurs désabusés....
Parce que même si on ne lui a donné qu'une minute dix
pour rappeler qu'on peut signifier quelque chose
sans hurler et sans mentir,
alors qu'on en a donné plus de vingt aux gros lièvres,
à qui appartiennent tous les champs,
pour s'agiter dans tous les sens,
he bien, le petit escargot,
dans ce laps de temps ridicule,
il va crever l'écran sans un cri.
On va voir seulement des mots affichés sous sa marche,
comme une rumination intérieure silencieuse,
un soliloque en interrogation,
comme si l'on voyait au dedans du petit escargot
le déroulement de sa pensée,
l'ouverture muette de la spirale qu'il porte sur son dos...
Des mots ouvrant d'autres cadences, d'autres valeurs,
des mots qui questionnent le bon sens,
qui proposent de déplier prudemment
nos rétractations sécuritaires,
des mots presque naïfs, innocents...
Ils arrivent, flegmatiques, sans assénation,
du coup, on sait qu'ils sont justes parce que
personne ne peut douter de la sérénité qu'il faut
pour se présenter tout entier comme on est,
si petit, si modeste, si fragile, si confiant, si frugal,
et sans commentaires.
Petit escargot sans visage qui ose prendre le temps
de réfléchir pour traverser l'existence,
pendant que tous les autres martèlent nos cerveaux,
derrière eux plus rien ne pensera.
Petit escargot qui a besoin de l'herbe grasse sous lui,
de l'eau du ciel et
des gouttes de rosée,
quand les autres gavés ne veulent que
du goudron, du bitume et de l'acier ….
Petit escargot qui porte sa maison sur son dos,
qui ne régresse qu'en lui-même sans jamais claquer une porte,
en concrétions minérales, sans emmerder la planète,
même pas besoin de revenir à la niche ni à la laisse.
Petit escargot qui ne sait pas tout, qui ne voit pas tout,
qui n'explique pas tout, mais qui porte au devant de lui
des petites antennes pour sentir les dangers,
là ou il ne faut pas aller,
là ou il ne faut pas se planter,
d'où il faut se détourner.
Ah! Comme je l'envie le petit escargot aventureux
qui suppute chaque herbe folle sans se soucier des godillots criminels!
Comme j'ai besoin de sa sagesse
moi qui dithyrambise sur le petit escargot,
lui qui est bien plus simple que moi
qui en rajoute tellement avec
mes mots,
lui qui s'en fout, qui avance son petit bonhomme de chemin
en silence, sans se la ramener.....
S'il attend quelque chose, c'est seulement la pluie,
de l'eau toujours de l'eau,
qui tombe doucement pour huiler ses rouages,
cette eau miraculeuse qui a donné la vie sur terre,
que les humains font payer de plus en plus cher à leurs semblables.
Et
je pérore sur le silence,
je m'enivre toute seule sur un symbole de sobriété,
et je pense à ma copine qui a passé l'été dernier
à traquer les gastéropodes entre ses salades trouées
et qui, pas rancunière, ne rechigne pas à en placarder partout
sur les murs du canton juste avant les élections.
Allez, je ferais mieux de courir vers mon zafu, m'assoir et ne plus bouger, laisser toute l'agitation des mots retomber, comme chutent les impuretés de la surface du seau puisé au torrent ....D'ailleurs, c'est là que je me sens le mieux....
Allez! Je vais apprends la voie du gastéropode
en suivant le petit escargot qui traverse
le marchepied de mon porche,
leçons de lenteur, de simplicité, d'humilité,
de placidité, de tempérance....
Allez! Je me tais, je vous laisse regarder le clip du petit escargot,
que mes amis décroissants ont concocté pour vous,
en un tour de main pour trois fois rien........
Tant qu'on verra des escargots décroissants à la télé,
c'est que
l'ég
out télévisuel produit quand même,
entre deux accidents de la route et deux épisodes de tueries sadiques,
un crachin rafraichissant pour escargots survivants....
24 mai 2009
Femme en yourte, femme en lutte.
Femme en lutte sous la yourte.
Ceux qui mettent la honte sur les sans emplois, les rmistes, les différents bénéficiaires de prestations sociales, les emplois très précaires et partiels, en traitant ces gens de paresseux et en voulant les concentrer dans des structures répressives de travail forcé, ignorent totalement, semble t'il, que parmi ces chômeurs, les trois quarts sont des femmes isolées avec enfants.
Or si on regarde les enquêtes et statistiques internationales, on se rendra compte de deux faits:
1) que les femmes abattent largement plus de travail que les hommes, et ce n'est pas nouveau,
2) qu'elles sont beaucoup moins payées que les hommes, quand elles le sont, et constituent la majorité écrasante des pauvres du monde.
Ces mêmes suppôts du capital et de la croissance ignorent et méprisent une forme d'économie qui a permis aux peuples dépouillés par notre ethnocentrisme impérialiste de survivre à notre façon de les « aider »: il s'agit de l'économie informelle, qui n'est pas l'autre versant du libéralisme, un soi-disant alter développement, mais bien une économie sociale parallèle qui échappe aux paradigmes du progrès illimité.
Fondée sur la débrouille et le bricolage quotidien, les échanges marchands de proximité et les liens de solidarité,
sur le don et la palabre,
cette forme d'économie repose
avant tout et surtout sur le travail
gratuit des femmes.
« Ici, on est ingénieux sans être ingénieur, entreprenant sans être entrepreneur, industrieux sans être industriel» comme dit Serge Latouche en rappelant comment des Africains sur-diplômés dans nos universités occidentales échouent dans leur pays là où des femmes aux pieds nus illétrées réussissent des affaires florissantes, enchâssées dans le tissu ménager, social et néo-clanique.
Aujourd'hui femme de maturité, je constate objectivement que j'ai du payé très cher la reconstruction de l'estime de soi qui conduit à l'émancipation et donc à ma liberté.
Bien que je n'ai eu que de très brèves périodes de salariat, j'ai toujours travaillé, que ça soit à la maison, en ayant élevé trois enfants,
ou à l'extérieur dans des projets collectifs et des taches sociales. J'ai donc œuvré le plus souvent dans la gratuité domestique, la production ménagère qui consiste à transformer soi-même bien des denrées et produits de base, ajoutant de la qualité de vie en rendant belles les choses simples du quotidien, mais aussi j'ai œuvré dans la sphère associative, dans l'expérimentation hors norme, la créativité, le travail manuel non rentable, car non mécanisé ou non concurrentiel avec les longues heures sous payées de mes pauvres sœurs du tiers monde, la fondation collective de solidarités, le bricolage, l'invention et la formation permanente sur le tas, bref une panoplie d'activités pour lesquelles je me suis donnée passionnément sans jamais compter mes efforts.
Or le constat effarant de ce jour, si je me réfère aux normes de cette société de croissance dont je ne cesse de dénoncer l'imposture, c'est que
plus j'ai travaillé, plus je me suis appauvrie.
Car si je suis objectivement pauvre matériellement, je le suis devenue.
Par
exemple, j'avais le même niveau social et universitaire que mon
ex-mari, mais dépouillée par mon divorce, j'ai perdu tout ce qui
aurait pu constituer stabilité et sécurité propres à se consacrer
à la poursuite de l'accumulation prônée par la société
capitaliste.
Séparations, ruptures, affaiblissements par des
accidents de vie, des maladies, jettent inévitablement une femme
isolée dans la fragilité économique.
Si en plus, on se met à
réfléchir sur sa vie privée à l'aune psychanalytique,
spirituelle, historique et politique, le pas est vite franchi
d'accorder moins d'attention aux normes de la réussite
professionnelle ou familiale, au profit d'une exigence intérieure de
mise à nu de sa vérité personnelle, et de se retrouver ainsi dans
la plus grande précarité matérielle.
Le mari lui est devenu objectivement riche, bien que j'estime qu'il n'ait pas travaillé plus que moi, loin de là. Grâce à notre mariage et au fait que je sois restée à la maison, il a pu obtenir l'intégration, les avantages matériels, les propriétés foncières et immobilières dont il jouit maintenant.
Je
ne l'ai jamais envié, car j'ai toujours su que mon engagement dans
l'aventure de la vie ne pouvait s'enfermer entre quatre murs,
et parce que le labeur de construire son bonheur en prenant les
risques de se rencontrer soi-même dans une humanité authentique n'a
pas de prix.
Je peux donc avancer, après avoir franchi des étapes
périlleuses avec succès, en ne m'attachant pas au jugement commun
qui décrète avec arrogance la validité d'une vie sur sa carrière
et ses rendements extérieurs, que je n'ai jamais été aussi bien
dans ma peau que maintenant. Aussi libre.
Mais il reste qu'à vingt ans, je voulais déjà prendre du large de cette société pour créer un autre monde et qu'il m'a fallu plusieurs décennies pour réaliser mon utopie. Utopie qui s'avère n'être au fond qu'un retour au bon sens, à la simplicité et à l'intégrité.
Il reste que pour une femme, l'exigence intérieure d'assumer un rêve de justice et de liberté est la tâche la plus engageante et la plus éprouvante qui puisse être accomplie.
Il est inutile et déplacé de chercher à quantifier ce labeur, ça serait aussi vain que de vouloir mesurer la dose d'amour dont son cœur est capable.
Il
restera toujours des choses qui échapperont à la comptabilité du
PIB et du PNB, des choses intrinsèquement subversives et
incontrôlables, un socle imperturbable de valeurs humaines qui
donneront à la vie ce goût d'aventure et d'inattendu qui fait qu'on
a envie de se lever le matin:
la libération des femmes en est une
composante majeure.
Actuellement en état d'expulsion du terrain sur lequel je suis installée avec mes yourtes depuis cinq ans, j'ai toujours l'impression de devoir sans cesse redémarrer à zéro. Accusée de squatter, trainée devant les tribunaux comme une délinquante, alors que je ne veux qu'habiter et continuer à travailler, j'ai compris que le simple fait d'exister dans l'intégrité de sa dimension humaine fait de toute femme engagée une dissidente.
De la petite fille sage et comblée
à la femme accusée et expulsée,
quel degré de perversion d'une société faut-il pour en arriver à tant de méprise et d'exclusion!
Mon aventure avec le Cantoyourte est un exemple de ce à quoi doivent s'attendre les femmes qui ont quitté le joug conjugal et entamé un chemin de dépollution psychique: les hommes de pouvoir et les hommes qui n'en ont pas, qui pullulent sur la place publique ou derrière leurs volets entrouverts, ne supportent pas qu'une femme puisse leur résister
et sont bien prompts à se liguer entre eux pour éliminer cette impertinence.
Résumé de l'histoire du Cantoyourte:
Fabricante autodidacte de yourtes, après m'être reconvertie d'une activité d'artisane en couture d'art, j'ai obtenu un accord oral pour m'installer sur un terrain abandonné par son propriétaire, une association de réinsertion ayant déménagé. Le maire de mon village m'avait proposé un terrain en bord de rivière, qui s'est avéré impropre à mon projet, donc je l'ai prévenu de mon installation sur un terrain plus proche de mon atelier de fabrication .
En effet, il est courant qu'en milieu rural, des accords à l'amiable fondés sur des droits d'usage coutumiers se contractent pour l'occupation de terres en échange de leur entretien.
Après avoir défriché ce terrain pendant tout un hiver avec des jeunes et des habitants du quartier de mon village, le Cantoyourte a vu le jour au début de 2005, avec ses trois yourtes en patchwork, gérées par l'association Demeures Nomades.
Le camp est devenu un lieu d' animation pour le quartier, une ressource pour d'autres associations locales, un lieu d'expérimentation de la vie en plein air sous habitats modestes et légers dans un but de simplification volontaire, et un lieu de militantisme alternatif.
Suite à la liquidation de l'association propriétaire, le terrain a été revendu fin 2005 aux enchères à un cartel de marchands de biens, qui ont délibérément enfreint les réglementations, en particulier sur le droit de préemption, et profité de la cécité opportune d'un huissier qui jure n'avoir vu aucun « bâtiment » sur les parcelles expertisées pour le cahier des charges des enchères.
Bien qu'ayant obtenu la promesse d'un des marchands de biens de me revendre le terrain s'il restait inconstructible, après que le PLU en révision ait classé ce terrain en zone industrielle définitivement inconstructible, le cartel immobilier a décidé de me faire payer sa frustration spéculative en me faisant expulser, avec l'aide d'un sénateur voisin, ex maire de Bessèges, en 2008.
Poursuivie au pénal sous le chef d'accusation « d'installation en réunion sur un terrain appartenant à autrui en vue d'y habiter », j'ai été menacée de six mois de prison, confiscation des véhicules et du permis de conduire et grosse amende pécuniaire.
Mes adversaires spéculateurs et oligarques locaux ont tenté d'utiliser à mon encontre la loi de sécurité intérieure promulguée par Sarkozy en 2003, particulièrement répressive et discriminante pour purifier nos campagnes et banlieues des gitans et autres nomades « intempestifs ».
Ils ont été déboutés et j'ai été relaxée, suite à un procès retentissant qui a mobilisé de nombreuses personnes indignées, ainsi que les associations de défense du droit au logement et les organisations politiques de la gauche alternative.
Les
spéculateurs ont répliqué en m'assignant en référé expulsion au
tribunal d'Alès, procédure normalement réservée aux urgences,
alors que mon affaire aurait du être jugée sur le fond par une
autre instance.
Ma défense remettant en cause la légalité de la
vente aux enchères, je n'avais aucune chance de gagner, puisque ces
ventes sont organisées par le microcosme corporatif afférant à
chaque tribunal de province.
Mon expulsion a donc été prononcée,
mais avec un délai de quatorze mois, pour cause de santé, puisque
je suis en convalescence d'un cancer.
Acculée, j'ai alors capitulé
devant mes principes anti-propriétaires:
un ami m'a alors revendu à
bas prix un terrain voisin totalement en friche sur lequel nous
déplacerons le camp de yourtes pour y continuer nos œuvres sociales
et écologiques.
Des chantiers collectifs de défrichage et aménagements du nouveau terrain ont donc de nouveau lieu régulièrement. Il est possible d'être hébergé au Cantoyourte pendant encore une année et d'expérimenter la vie sous yourte en échange d'un peu de travail.
Nous avons demandé à la mairie de Bessèges de préempter le terrain du Cantoyourte lorsqu'il sera vendu par les marchands de bien, afin qu'il reste un espace collectif pour les gens du quartier, avec terrain de boules, bancs publics, espaces verts etc, ce qui manque cruellement à nos petits vieux qui sont obligés de se coincer entre poubelles et voitures pour prendre le frais les soirs d'été.....
Nous
espérons que la lutte que nous avons mené pour faire de ce lieu une
bouffée d'oxygène dans un village livré aux affres d'une
reconversion difficile bénéficiera à tous.
Nous espérons que
l'économie de survie que nous avons transformé en aventure de
quartier, et maintenant, avec la notoriété du camp, en aventure
communale et nationale, puisse continuer à montrer que le soin qu'on
apporte aux endroits les plus blessés du territoire ne sont pas
vains et contribuent à revaloriser toute une communauté
villageoise.
En attendant, je suis frappée de constater combien les hommes qui n'aiment pas les femmes sont prompts à se liguer contre celles qui osent afficher leur liberté.
Frappée c'est le cas de le dire, puisque je viens d'être physiquement agressée par un voisin en furie qui me dénie avec une violence aveugle tout droit d'habiter là où je suis. En l'occurrence, ce monsieur très énervé, alors que je ne lui ai jamais porté tort, m'a frappé avec sa pelle de jardin en pleine figure.
Désignée par la justice à l'ire populaire comme une féroce voleuse de terres, je fournis désormais aux pires frustrés du village la cible facile où décocher la haine accumulée d'une pauvre vie étriquée.
Mon illusion de croire naïvement que ma force de travail et mon honnêteté suffiraient à apaiser les septiques et les belliqueux est définitivement détruite. L'introduction de la loi quand la violence surgit est plus que jamais nécessaire, mais une loi qui soit au service de la vie collective et non pas au service des riches et des exploiteurs.
Les
femmes sont parfaitement conscientes, dans notre beau pays de France,
que leur célibat, leur divorce ou leur indépendance ne les mettra
pas plus en sécurité que dans leur foyer, où déjà une sur dix se
fait tabasser.
Mais lorsqu'elles quittent un compagnon violent, après
un petit tour pas drôle du tout par la violence institutionnelle, et
qu'elles reconstruisent leur vie sans la menace permanente du coup et
du chantage, beaucoup découvrent que tôt ou tard, se passer
délibérément de la protection d'un homme leur coutera encore plus
cher que leur émancipation.
Si l'on devait compter le nombre de femmes mortes sous les coups d'un homme, on dépasserait largement tous les cadavres masculins produits par les guerres.
Alors je le demande, quand donc cessera cette calamité et ce barbarisme qui fait qu'aucune femme n'ose aller camper en forêt dans ce pays, ni même se promener seule à la campagne, sans un molosse?
Alors je le demande, comment sortir vivante et entière de cette guerre mortelle d'un sexe contre l'autre?
Alors je le demande, où allons-nous nous réfugier, nous, les femmes, quand le mari, l'amant, le voisin, le collègue et le patron, le juge et le gendarme, sont tous devenus plus dangereux qu'un état de guerre?
J'espère
avoir démontré ici à mes sœurs qui hésitent encore sur leur
style de vie que, quitte à s'en prendre plein la figure, autant que
ça soit en faisant ce que notre cœur nous dicte.
Que quitte à être
détestée, incomprise, accusée, traitée de sorcière ou de folle,
trainée devant les tribunaux pour avoir oser exister, autant vivre
comme on l'entend, autant habiter dans les murs qu'on se choisit,
des
murs par lesquels on entend les oiseaux
et l'esprit souffler où il
veut.
Car ce ne sont pas les pierres ni les grillages qui les entourent
qui nous gardent de la violence du monde,
mais notre courage, notre lucidité et notre amour.
20 mai 2009
Qu'est ce que l'Objection de Croissance?
QU'EST-CE QUE LA DÉCROISSANCE ?
La décroissance remet avant tout en question notre société de consommation, car une croissance infinie est impossible dans un monde limité.
La décroissance n'est pas la décroissance de tout pour tous, ni un retour en arrière vers un pseudo bonheur perdu, mais bien un virage, une bifurcation que nous devons prendre, afin de sortir des engrenages destructeurs de la société de croissance.
La marchandisation et la concurrence effrénée d'une économie de croissance illimitée accumulent dramatiquement toutes les crises: environnementale, sociale, économique, culturelle, politique, anthropologique. Elles ont profondément fracturé non seulement les sociétés mais aussi les liens des humains entre eux. Des milliards de personnes, soumises à la pensée unique et aux pressions infernales du productivisme, sont sacrifiées à la croissance des pays du Nord et leur souffrance n'est plus acceptable.
Devant ce constat, il est urgent d'affirmer que l'alternative n'est pas entre
« CROISSANCE ET DÉCROISSANCE » mais entre
« DÉCROISSANCE VOLONTAIRE OU RÉCESSION SUBIE »
.
Nous nous opposons au capitalisme car il est par nature productiviste. Il a placé l'accumulation matérielle au dessus de toutes les valeurs humaines qui fondent une société cohérente.
Nous voulons plus de liens humains que de biens matériels.
Nous
sommes opposés au productivisme « de gauche », colorié au pastel
écologique, car par nature tout productivisme engendre
l'exploitation:
exploitation de l'homme par l'homme mais aussi
exploitation des ressources naturelles de la planète entière par
l'homme.
Les luttes écologiques ne pouvant être dissociées des luttes sociales, nous ne pouvons nous retrouver dans les candidatures actuelles dont les projets ne sont pas ouvertement en rupture avec le productivisme, le nucléaire, le développement à tout prix, les stratégies politiques de coalition avec des partis réformistes.
Surtout
nous pensons que
LA TRANSITION POUR CHANGER DE SOCIÉTÉ
ne se fera pas par gestion du pouvoir en place,
mais par son affaiblissement et notre refus de nous investir dans la course au profit, ainsi que
PAR L'EXERCICE DE VÉRITABLES CONTRE-POUVOIRS CITOYENS,
pouvant conduire vers un effet de masse critique.
La fonction des élus étant alors de faciliter, y compris par la loi,
la capacité d'autonomie du mouvement social.
LA
TRANSITION SE FERA AUSSI
PAR LA CONJONCTION DES LUTTES,
L'ÉLARGISSEMENT DE L'EXPÉRIMENTATION SOCIALE
ET L'EXTENSION DES ALTERNATIVES CONCRÈTES.
Les élections Européennes sont l'occasion d'ouvrir un débat public sur la crise structurelle à laquelle notre civilisation est confrontée.
Actuellement l'Union Européenne est une institution totalement dévouée à la société de croissance que nous dénonçons.
Instrument économique destiné à renforcer l'emprise des multinationales sur le monde, notamment par la domination sur les pays méditerranéens et d'Afrique, ses institutions, érigées et dominées par des technocrates et oligarques au pouvoir, et non par un peuple souverain et légitime, sont des lieux de dévolution à l'économie de marché.
Elles se moquent de la juste représentation démocratique des courants d'idées et des peuples.
Le parlement européen n'a pas de pouvoir législatif, alors que cette fonction constitue la base de l'institution parlementaire. Il n'est pas responsable devant les peuples, le pouvoir réel appartenant à la commission européenne dont les membres sont nommés par les exécutifs nationaux de chaque état membre. Son mode d'élection, très coûteux, élimine les opinions s'opposant à l'ordre dominant. Ses membres sont soumis au lobbying immoral et intensif des firmes internationales.
Toute réforme des institutions européennes doit se faire à travers l'élection d'une assemblée constituante élue au suffrage universel direct proportionnel et une ratification du texte par référendum simultané dans toute l'Europe.
Pour SORTIR DES IMPASSES GÉNÉRÉES PAR LE TECHNOSCIENTISME, le nucléaire, les OGM, les pesticides, les nanotechnologies, l'agro-alimentaire industriel , le tout-voiture etc...
NOUS DEVONS (RE)LOCALISER L'ÉCONOMIE, et donc au préalable, sortir des traités européens et des institutions supranationales instituant le libre échange économique, des produits et des capitaux (OMC, FMI, Banque Mondiale).
L'ÉCONOMIE DOIT RÉPONDRE À NOS BESOINS
ET NON CRÉER DES DÉSIRS TOUJOURS INSATISFAITS.
Il convient de définir démocratiquement nos besoins usuels et de permettre à chacun d'y pourvoir, sans être contraint à un rapport d'aliénation et de domination.
Nous voulons une Europe des peuples
fondée sur la décroissance des inégalités, du gâchis et des pollutions!
C'est pourquoi nous proposons:
UN REVENU D'EXISTENCE GARANTI assorti à un REVENU MAXIMUM,
écologiquement et socialement soutenable,
la légalisation de la CREATION MONETAIRE par l'État et les collectivités locales,
la GRATUITÉ des services publics et des usages reconnus socialement utiles,
ainsi que l'instauration d'une BIO-ECONOMIE de maitrise des usages par les citoyens.
Nous avons voulu participer à ces élections non pour nous faire élire, mais, malgré nos modestes moyens auto-gérés, pour faire connaître pour la première fois nos propositions d'engagements dans la transformation radicale de société que les limites planétaires posent comme défi à l'humanité.
Pour
nous soutenir:
Dons à : C.Sunt. Pallières 30140 Thoiras
Site: www.europedecroissance.eu
pour télécharger ce tract:
TRACT_ADOC_Sud_Ouest_modifi__1
.
05 mai 2009
Pour une europe en décroissance
Quand il est clair qu'il n'est plus possible d'ignorer la catastrophe écologique, sociale et humaine engendrée par un système basé sur l'exploitation de la nature et des peuples,
quand trop de souffrances sont accumulées par trop de gens,
quand la rigidification du capitalisme en phase finale et l'état de choc engendré par la décomposition des paradigmes qui nous ont porté pendant des décennies, ouvrent enfin à une profonde métamorphose sociétale,
quand l'emploi n'est plus qu'une exacerbation des peurs de ne plus rien valoir,
quand le civisme n'est plus qu'un trou noir où l'on jette les gens pour les occuper à détruire la planète en sciant la branche sur laquelle ils sont assis,
quand l'intégration sociale ne fait lien que par les menottes de l'endettement et la vente de son âme aux promoteurs et aux banquiers,
quand le travail n'est plus qu'une cage où chloroformer les symptômes réactifs de ce qui reste d' humains encore un peu sains et valides,
quand l'insertion n'est plus qu'une chasse aux évadés du système,
quand la cohésion signifie d'enfermer des bébés étrangers en centres de rétention,
quand la richesse n'est plus que la production hystérique de gadgets inutiles, corrosifs, nuisibles et aliénants,
quand la production n'est plus que le vol des ressources d'autrui et la réparation de ce qu'on a volontairement cassé,
quand l'éducation n'est plus que l'obtention effrénée, à coups d'élimination méthodique des copains, d'un loft doré plein de verroteries clinquantes, et d'un numéro de lot sur sa chemise de luxe,
quand on ferme des écoles et renvoie des maitres pour construire des taules et embaucher des geôliers,
quand la réussite n'est plus que l'étalement des vices,
et la promotion, le droit d'injurier et d'escroquer le peuple sans poursuites,
quand la sagesse n'est plus que de faire passer les plus gros mensonges et manipuler l'opinion,
quand la liberté n'est plus qu'un prétexte à multiplier des choix provoquant désarroi et hébétude,
qu'un ordre à s'affranchir de toutes limites pour gagner en puissance de frappe,
qu'un droit à voter plusieurs fois pour des résultats conformes au programme de la pensée unique,
qu'une souris et un clavier réglant le débit du vacarme médiatique,
que l'adulation de l'accaparement et de la prédation,
quand le plaisir n'est plus que l'addition comptable de jouissances matérielles, de soulagements immédiats,
quand la jouissance n'est plus que le paroxysme d'un sado-masochisme de masse hypocritement nommé libération des mœurs,
quand le désir n'est plus que concupiscence et enchainement,
quand la satisfaction ne passe que par l'ostentation concurrentielle,
quand la solidarité n'est plus qu'une sommation à rentrer dans le rang,
quand l'aventure se résume à prendre l'avion en souscrivant la meilleure assurance,
quand la qualité de la vie, c'est avoir un emploi du temps de ministre, un jet privé et un écran géant dans chaque pièce de sa villa,
quand tout repos, vacance, grève, maladie, enfance, vieillesse, accident, chômage n'est plus que sabotage aux cadences patriotiques,
quand la recherche, c'est trouver de nouvelles huiles d'engrenage pour les lobbies des multinationales,
quand la culture n'est plus que le bêlement des moutons,
quand la communication, c'est ne plus se toucher, ne plus se regarder,
mais s'encombrer de machines qui détraquent le climat,
quand s'informer, c'est saturer l'espace de charges électriques qui sèment la panique chez tous les êtres et espèces sensibles,
quand la cité, ce n'est plus qu'un tas de béton empilé autour des marchands,
quand la campagne, ce n'est plus qu'un dépotoir des villes,
quand cultiver son jardin, ce n'est plus que s'abonner à vie aux trafiquants de semences et de pesticides,
quand faire des enfants, ce n'est plus que réserver une place en crèche et à l'université suffisamment à l'avance,
quand se nourrir et se loger vous cloue aux croix plantées par les spéculateurs,
quand le partage, ce n'est plus que compter son argent,
et quand de tout ça, vous avez conscience,
quand de tout ça, vous en avez marre,
alors vous êtes mûrs pour rejoindre l'objection de croissance.
Car enfin est le moment où nous, en décroissance,
ne pouvons nous taire, même et surtout si on est très occupés
à bricoler notre petite vie de simplicité choisie,
surtout en pleine crise, surtout quand tout le monde a peur,
(sauf quelques petits villages gaulois quelque part en résistance),
alors qu'il devient manifeste que rien ne va plus,
que les riches nous blufferont toujours, même à l'agonie,
en réclamant des millions pour colmater les brèches qu'ils ont eux même ouvert..
Le moment est là, où nous qui nous reconnaissons sous le nom de « décroissants » ne pouvons plus refuser les micros,
sous peine de salir notre conscience en refoulant notre part de vérité, de lucidité,
un moment où nous avons le devoir de donner de la voix pour rallier ceux qui commencent à penser dans cette direction, non encore balisée,
une pensée née en deçà des clivages droite et gauche, riche des différents courants qui émergent du décapage de notre vision, hors des champs publicitaires, médiatiques, télévisuels,
une pensée en plein renouvellement et réappropriation de notre imaginaire et de nos rêves,
une pensée qui débouche ou qui est issue des pratiques, des usages et des alternatives engagées partout dans le pays par des anonymes.
Alors, parce qu'on a ce rêve en nous, ce n'est pas difficile d'aller jusqu'à oser le faire entendre lors des prochaines élections de tartufferie pour l'Europe.
Quand on a suffisamment de distance pour voir comment on se moque des européens en les faisant voter du seul scrutin vraiment démocratique, à la proportionnelle, pour un parlement qui n'a que peu de pouvoir, ne peut que s'aligner sur les directions ultra-libérales de la commission européenne et sur des traités signés entre oligarques dans le seul but d'assurer leur domination et le pillage du Sud,
on a envie de hurler non, pas encore ça!
On a envie de donner de la voix pour le Non, envie de donner de la voix pour tous les Sans Voix qui triment et s'échinent et n'ont plus envie de se déplacer pour un bulletin de vote qui ne changera rien.
Parce qu'aussi il y a eu, ici et là, des gens pour me reprocher mes ressources plancher et mon travail gratuit, j'ai décidé de revendiquer ouvertement un Revenu Social Garanti pour tous, pour tous les européens, pour commencer....
J'ai donc accepté d'être tête de liste d'une circonscription (grand Sud-ouest) pour ces élections européennes, sachant que la visée n'est pas du tout électoraliste, puisque nous n'imprimerons pas de bulletin de vote ni d'affiches officielles.
Il s'agit surtout de faire une campagne, entièrement auto-gérée, pour nos idées, pour la mise en valeur de nos expérimentations de terrains,
et de renforcer les contacts et les liens entre les objecteurs de croissance du pays.
Il s'agit de mettre en question radicale la notion de développement et de progrès dans une perspective anthropologique, énergétique, humaine, en dénonçant les mensonges de l'écologisme vert et du développement durable.
Pour ma part, je fonde mon discours politique sur les trois axes fondamentaux suivants, qui se greffent sur la plaquette de propositions travaillée par l'ADOC, l'association des objecteurs de croissance, en vue du Contre-grenelle et de ces élections Européennes, qu'on peut lire là: (plaquette_proposition3_A4plie):
1) Le « revenu social garanti » décrété comme un droit humain fondamental et mis en œuvre immédiatement, « revenu minimum d'existence », ou encore « revenu d'autonomie inconditionnel », accordé à un revenu maximal autorisé. Par exemple tout ce qui dépasse trois fois le revenu moyen européen est pris pour être mutualisé en bien commun, patrimoine de la collectivité.
Réquisition des logements vides et des terres incultes et abandonnées. Attribution d'un terrain agricole gratuit à toute personne s'engageant à le cultiver en respectant la terre.
2) La nationalisation des banques, la réappropriation par l'État du pouvoir de création monétaire,
l'encouragement et la légalisation des monnaies locales non spéculatives, accompagnés d'une gestion du contenu des échanges.
3) Le courage d''interdire toute spéculation sur la nourriture et le logement, donc les cultures, le foncier et l'immobilier, et réquisition immédiate des terres produisant carburants ou OGM.
Orienter alors vers une agriculture vivrière biologique, de subsistance, sur les territoires, visant la diversité et l'autonomie, avec attribution prioritaire de terres agricoles aux jeunes porteurs de projets.
Créer de nouveaux zonage d'urbanisme pour des formes d'établissements humains modestes et légers avec installations réversibles et énergies renouvelables,
allié à une politique d'urbanisation et d'aménagement du territoire basée sur une planification à long terme, avec entre autres, protection et revalorisation de l'artisanat de proximité.
Ces mesures phares sont de nature à changer profondément la donne économique mais aussi les rapports humains, non plus fondés dés lors sur la concurrence et la nécessité, mais sur le choix et la coopération.
Le travail est devenu pour la première fois dans l'histoire de l'humanité plus destructeur que bénéfique.
Il faut donc tout arrêter pour réfléchir aux buts de l'activité humaine.
La planète et ses habitants ne sont plus en mesure de supporter un productivisme effréné, basé sur l'aliénation et le muselage social par l'emploi, n'importe quel emploi, à faire n'importe quoi, le plus vite possible.
La remise en cause du travail entraine l'organisation de grands états généraux sur l'école et la recherche, avec réforme profonde de l'éducation.
Mais aussi des États généraux de la santé et de la justice planétaire, avec planification des productions, privilégiant l'utile et le compatible avec une répartition soutenable entre tous les habitants de la terre.
C'est pourquoi j'appelle tous ceux qui se sentent concernés par l'objection de croissance et la nécessité de vulgariser ce courant de pensée et de pratiques, à faire connaître notre participation à la campagne des prochaines élections.
Le site « Europe Décroissance »: http://www.europedecroissance.eu/
Chèques de soutien à la campagne à l’ordre “ADOC-France”
à envoyer à Elodie Garcia -
27 avenue Wailly - 78290 Croissy sur Seine (France)
25 avril 2009
le Yoga de la yourte de Kevin
Si vous croyez que le bonheur existe,
qu'on peut le reconnaître et même le contempler,
si vous espérez vivre, une fois dans votre vie,
d'amour et d'eau fraiche,
dans une cabane ou une yourte la-haut sur la colline,
avec seulement quelques perches en faisceau sur la tête
et quelques tissus par dessus,
si vous placez la paix, la joie et la sérénité
en avant de toute richesse matérielle,
si vous voulez qu'en une saison seulement
se fabrique la maison du bonheur,
si vous êtes capable de remercier chaque fois
qu'un vœu de votre voisin s'accomplit,
alors vous entrerez avec nous
dans le yoga de la yourte de Kevin.
Si vous aimez les gens heureux et les anges autour d'eux,
si
vous voyez, du chaos,
des bulles de mandalas s'élever,
et du vide, une yourte se monter, en un instant, une journée,
si vous êtes prêts à découvrir comment un petit objet rond,
qui se plie dans un coffre ou une charrette,
peut orchestrer une foule en ballet symphonique,
et attribuer à chacun une loge d'étoile au firmament,
si vous êtes prêts à vous étonner de comment
de simples morceaux de bois ramassés dans la forêt
peuvent fonder un espace plus intense
qu'une chapelle de pierre,
si vous avez envie de tendre votre nuque,
vos mains et vos reins vers le soleil,
comme une salutation au génie créateur
qui a ramené la yourte jusqu'à nous,
si votre cœur s'émeut et désire ardemment
danser entre les baguettes du grand mikado,
où s' inventent l'harmonie collective
et les refrains du peuple des yourtes,
alors vous êtes entrés avec nous
dans le yoga de la yourte de Kevin.
Si vous avez compris qu'on a pas besoin de pleurer
pour du crédit et le droit de s'endetter à vie,
seulement pour abriter sa famille,
si vous pensez qu'on a besoin de rien pour rendre grâce,
qu'une simple yourte peut largement contenir
votre joie et votre amour, vos travaux et vos aspirations,
alors oui, c'est comme ça qu'on le voit, avec vous,
c'est comme ça qu'on le veut, avec vous,
l'autre monde possible de demain,
avec des gens qui s'aiment
et font de la place aux autres.





































































































































































